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Influence des conditions d'élevage et de sulfitage des vins rouges en barriques sur leur teneur en acide acétique et en éthyl-phenols

Abstract

L'élevage des vins rouges en barriques peut présenter certains risques microbiologiques lorsqu'il n'est pas correctement maÎtrisé. L'augmentation de la teneur du vin en acide acétique liée au développement de bactéries acétiques aérobies est facilement inhibée par le respect de règles élémentaires. En revanche, l'hydrolyse des groupements acétyles des hémicelluloses du bois de chêne conduit systématiquement à une faible augmentation de l'acidité volatile des vins conservés en barriques neuves. Ce phénomène devient négligeable avec le bois usagé lorsque l'élevage est bien contrôlé. Le développement de levures de contamination du genre Brettanomyces/Dekkera, produisant des teneurs élevées en éthyl-phénols entre le début de l'été et la fin de l'automne, est plus difficile à maÎtriser. Seul le maintien d'une teneur suffisante en anhydride sulfureux tout au long de leur élevage permet d'empêcher la multiplication de ces micro-organismes dans les vins rouges.

En plus de la dose, les conditions de sulfitage des vins et des barriques sont également importantes. L'apport d'une quantité de SO2 non inférieure à 7 g par fût sous forme gazeuse dans un fût vide permet simultanément la désinfection des douelles et le sulfitage des vins. A dosage identique, avec un sulfitage direct du vin, le développement de Brettanomyces intermedius n'est pas inhibé et les vins risquent de présenter un caractère phénolé désagréable en fin d'élevage. Par ailleurs, les sulfitages à la mèche ou à la pastille ne possèdent pas la même efficacité. Si à quantité de soufre identique le méchage à la pastille procure un sulfitage presque deux fois plus important, selon l'origine et les méthodes de fabrication employées, les pastilles de soufre possèdent une stabilité au vieillissement variable se traduisant par des sulfitages irréguliers en fonction de leur âge et de leurs conditions de stockage. La présence d'une charge non combustible hygroscopique entrant dans la composition de certaines pastilles de soufre est responsable de cette instabilité.

Authors


Pascal Chatonnet

Affiliation : Laboratoire EXCELL, Parc Innolin, 10, rue du Golf, 33700 Mérignac (France)

pchatonnet@libertysurf.fr

Jean-Noël Boidron

Affiliation : Institut d'OEnologie, Université de Bordeaux II, 351, cours de la Libération, 33405 Talence cedex (France)


Denis Dubourdieu

Affiliation : Faculté d’oenologie, UMR 1219 OEnologie, Université de Bordeaux, ISVV, 210, chemin de Leysotte, CS 50008, 33882 Villenave d'Ornon, France

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